Faire-Part d'Anne Mulpas - Mise à jour

Karel Zin




• Refonte des intentions et re-développement personnel du projet :

Après un arrêt de plusieurs mois entre mai et novembre 2012, le blog reprend très doucement son activité en fin d'année. Après l'enthousiasme du projet mené lors de la première résidence à Chaumont, l'épuisement a laminé tout désir personnel. Les enjeux semblaient avoir changé sans pour autant faire place à une ligne directrice claire. Anne Mulpas a donc décidé de mettre en stand by ses recherches, laissé faire le temps pour dégager du sens et de nouveaux enjeux à ce projet auquel elle tient. Voici la nouvelle note de présentation en ligne :
"Il y a plus d'un an, j'ouvrais Faire-Part. J'imaginais alors être fidèle à un rêve dans lequel la mort m'avait saisie et peuplée de multiples voix extrêmement vivantes. Il m'avait semblé, au réveil, avoir frôlé un de ces états rares et fugitifs de conscience.
J'ouvrais Faire-Part.
Je pensais être sincère en reliant recherche et engagement, en incorporant dans ce blog tout un tas de billets qui "donneraient à voir et à entendre."
Il m'a fallu admettre au printemps dernier que la fidélité à soi-même est un concept fragile, qui mène souvent à la fatigue et la lâcheté. Que plus j'essayais de m'ouvrir à tous, plus je me perdais.
Je me suis donc arrêtée de nourrir ce blog.
Je reviens à Faire-Part.
La mort est là et c'est la mienne.
Avec ce même rêve qui me hante. Toutes ces voix. Toute mon incapacité à comprendre ce que c'est qu'être vivant, de voir mourir et de mourir un jour. Toute mon incapacité à faire face aux innombrables deuils du vivant qu'ils soient politiques, artistiques ou affectifs. Mon désir de croire aux tout aussi innombrables possibilités de renaissances ici et maintenant.
Il m'est difficile d'écrire, d'être régulière dans l'écriture.
Il m'est difficile de ne pas écrire.
Faire-part s'épure aujourd'hui. J'ai supprimé bon nombre d'articles superflus.
Je repars du désir, et seulement de lui, de poser dans cet espace vertigineux d'internet ma voix. Ma voix tissée d'autres voix.
Portraits de contemporains, textes et œuvres qui me pénètrent, bribes du quotidien, fictions... J'assume aujourd'hui que cet espace est le mien. A.M. Paris - 2012"

Ce qui apparait aujourd'hui et servira de ligne directrice pour 2013 est un grand chantier de réflexions autour des demandes publiques d'actions culturelles et leurs imbrications dans le champ personnel de création de l'artiste. Quel sens ? Quel éthique ? Comment créer/s'impliquer tout en prenant en compte les besoins matériels de la subsistance personnelle et professionnelle ?


• Nouveau texte d'accueil : http://faire-part.blogspot.fr

I


Fuck America - Scène d'Europe 2012






Fuck America d'Edgar Hilsenrath - ed. Attila
14 et 15 décembre 2012 à la Comédie de Reims


Le pitch :

Dans une cafétéria juive à l’angle de Broadway et de la 86e rue, Jakob Bronsky, tout juste débarqué aux États-Unis, écrit un roman sur ses trois années de ghetto pendant la guerre, expérience traumatique dont il n’a plus aucun souvenir et dont le récit devient le véritable enjeu de son existence : Le Branleur !
Au milieu des clodos, des putes et d’autres paumés, il survit comme il peut, accumulant les jobs miteux, fantasmant sous sa couette sur le cul de la secrétaire de Doublecrum & Company, le plus grand éditeur des Etats-Unis. L’Amérique est une jungle où la valeur d’un homme se juge à son portefeuille et où tout est marchandise : l’homme, la femme, le sexe, et aussi la littérature.
Récit drôle et cruel, évoquant par instant Roth et Bukowski, Fuck America est en grande partie autobiographique : le livre s’inspire des conditions de vie de l’auteur à son arrivée aux États-Unis dans les années cinquante, alors qu’il travaillait comme serveur dans un delicatessen juif de New York.


Notes du metteur en scène :

L’imagination. C’est le thème central du roman Fuck America dans lequel Jakob Bronsky, narrateur et personnage principal du roman, fait le choix de l’œuvre fictionnelle pour retisser les souvenirs de ses trois années de ghetto.
La frontière entre fiction et expérience vécue est plus ténue qu’il n’y paraît. Jakob Bronsky fait appel à son imaginaire à un degré tel pour tenter de faire émerger ses souvenirs engloutis que la fiction se substitue parfois à sa réalité quotidienne. Parfois stérile, voire contreproductive, c’est pourtant à nouveau grâce à l’imagination qu’il se projette dans le récit d’un garçon de quatorze ans mourant dans une chambre à gaz, lui, Jakob Bronsky, incapable de se remémorer ses propres années de guerre.
Cette projection affective dans l’expérience d’autrui, les deux comédiens tentent de la mettre en œuvre sur le plateau. Avec pour seuls accessoires une table et quelques feuilles de papier, le public pour témoin, ils écrivent le quotidien souvent drôle parce que tragiquement absurde d’un Bronsky tentant lui-même de se réconcilier avec son passé au travers d’une fiction.
Ce spectacle est donc l’histoire d’une tentative de mise en résonance de nos souffrances individuelles, tentative qui, si elle est immanquablement vouée à l’échec, tend vers le seul et unique salut de notre humanité : la mise en mouvement de notre imagination à des fins de création, non de destruction.



Traduction : Jörg Stickan (Editions Attila)
Adaptation : Anne Mulpas, Lucie Boscher, Rodolphe Congé, Benjamin Duval
Mise en scène : Benjamin Duval
Lumière : Aurélien Charlier
Avec : Lucie Boscher, Rodolphe Congé

Co-production : cie noob, le Centre culturel St Exupéry. Avec le soutien de :
la Région Champagne-Ardenne, le Conseil général de la Marne, la Ville de Reims,
la Comédie de Reims / Festival Reims scènes d’Europe. Remerciements : le Salmanazar, Césaré.

Faire-Part d'Anne Mulpas / Résidence artistique


BenjaminDuval©cienoob2012



2011 - Résidence d'artiste en milieu scolaire / Haute-Marne
Collèges de Montigny-le-Roi et de Bourbonne-les-bains
AN I - Bilan
 http://faire-part.blogspot.fr

Les pistes suivies avec les classes de collège (6e-5e-4e) ont été très riches. De la Métamorphose du "projet d'intentions" initiale, la résidence grâce à la durée mais surtout à l'ouverture des élèves et des enseignants partenaires s'est avancée petit à petit sur de multiples pistes à la fois différentes mais totalement complémentaires.

Destruction > recherches autour de la "passion de détruire" qui est en chacun de nous, de la fonction de l'artiste - autodestructeur de son oeuvre - et du message qu'il envoie à la société. (vidéo et textes)
Irréfutable / décomposition > vidéo, clin d'oeil et réflexion autour de l'oeuvre de Michel Blazi amenant les élèves à s'interroger sur le passage du temps et son impact sur le vivant. (photos et textes)
Pochades photographiques > série de clichés de morts absurdes avec des élèves de l'ITEP et deux enseignants permettant à la fois de sourire, de dédramatiser le sujet de la mort tout en lui restituant son caractère insaisissable. Clin d'oeil à Beckett pour le titre et Erwin Wurm pour le contenu.
Métamorphose&Miroir > longues recherches avec les classes de sixième sur les questions du mythe, des rêves et du passage entre réel et irréel. (textes)
Masques > réflexions sur le masque funéraire et les angoisses que chacun souhaiterait voir enterrées. (arts plastiques, photos et textes)
Enregistrements sonores > donner voix et vie aux textes.
Oripeaux > collaboration du metteur en scène et de l'auteur au spectacle de danse du club UNSS. Texte de l'auteur et inspiration de l'artiste Boltansky. Danse/textes/vidéo.
Portraits Faire-Part > 6 interviews d'élèves et d'enseignants ont été retranscrits sous forme de portraits poétiques et mis en ligne sur le blog de l'auteur.
Collages > 5 tableaux nés de brouillon d'élèves donnant à voir ce qui avorte dans le processus créatif et, d'habitude, ne laisse pas trace.
et bien sûr des TEXTES nés tout au long des rencontres et des ateliers.



D’octobre 2011 à mai 2012 aux collèges de Montigny-le-Roy et de Bourbonne-les-Bains dans la Haute-Marne dans le cadre d’un partenariat DRAC-Champagne Ardenne/Rectorat de Reims et Conseil Général de la Haute-Marne.

Restitutions mardi 13 mars 2012 à 18h30 à l’Espace Bouchardon de Chaumont et en mai 2012 au collège de Montigny-le-Roy


***


L'église est immense
Calme
La nuit est là
La guerre est passée
Le chaos a tué l'amour, la paix, le respect
La tristesse, le désespoir sont nés
Des hommes courageux sont venus, se sont battus
Ils sont morts main dans la main
La Terre ne tourne plus rond
Sur le sol humide et froid de l'église
Des vêtements sont déposés délicatement
Par qui ?
Par une femme inconnue
Par la Vierge qui dort
Par Jésus qui est mort
Par Cupidon peut-être
Pourquoi ?
Parce que le temps passe
Parce que la mémoire est importante, vitale
On ne peut pas oublier les morts
Parce qu'ils nous ont sauvés
Parce qu'ils sont notre famille
Ils se sont battus pour nous
Parce qu'ils sont encore là - Ils nous voient
Ils nous aiment
- ou pas - on s'en fout
On ne peut pas oublier
Pour des milliers de raisons
Et les larmes coulent sur le sol humide et froid
L'humanité souffre et fait souffrir
Passé
Présent
Avenir
Il faudrait pouvoir effacer la honte
Na garder au présent que la joie
Viennent les questions... Vient LA question
A quoi ça sert tout ça ?
La vie, la mort
Etre né pour mourir
Etre né pour ne pas être aimé
Aimer ceux qui vont mourir
Les embrouilles, les autres
A quoi ça sert tout ça ?
Dites-moi - Est-ce que le jour se lèvera ?




BenjaminDuval@cienoob2012


4.48 Psychose - Avignon 2011





Champagne-Ardenne en Avignon – « 4.48 Psychose » de Sarah Kane
18 représentations du 7 au 26 juillet 2011


" Le suicide, ou plutôt le chemin intérieur qui y conduit, c'est là le thème central de la pièce de Kane. Le désir d'évanescence de la conscience du personnage principal vient invariablement se cogner aux contraintes de
l'enveloppe corporelle et à ses souffrances. D'où le désir de s'en séparer en lui donnant la mort. La représentation scénique du corps souffrant chez Sarah Kane est la problé- matique centrale de toute mise en scène de ses pièces. Le choix est ici d'aborder le corps d'un point de vue à la fois froidement distancié comme pourrait le faire une per- sonne psychotique, et en même temps impudique à l'extrême, comme l'est le texte de Sarah Kane et la part la plus profondément autobiographique qu'il recèle. C'est ici un corps méconnaissable, fragmenté par le cadre d'un plan de caméra, mais également un corps vibrant, palpitant, filmé à dessein au plus près de l'épiderme comme pour tenter d'en franchir la barrière et tenter de capter la conscience malade qu'il retient."  Benjamin Duval, metteur en scène


Mise en scène : Benjamin Duval
Régie vidéo : Yragaël Gervais
Avec : Lucie Boscher

Co-production : cie noob, le Centre culturel St Exupéry, le Nouveau-Relax - Scène conventionnée de Chaumont. Ce spectacle a fait l’objet d’un chantier-résidence au Salmanazar - Scène de création et de diffusion d’Epernay. Avec le soutien de : la Région Champagne-Ardenne, la DRAC Champagne-Ardenne, la Ville de Reims.


Avec le soutien de la Région Champagne-Ardenne, la DRAC Champagne-Ardenne, la Ville de Reims